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Les plus grands succès d’Évora : un guide de la ville la plus charmante que vous devez découvrir

Les voyageurs aguerris connaissent l’importance de la lumière. Ils saisissent pleinement les effets de la lumière sur l’appréciation des grandes réalisations architecturales de l’homme (pensons au Colisée à Rome, au Taj Mahal à Agra, au Machu Picchu au Pérou). La lumière module l’expérience de visite de ces sites touristiques. Parfois, les photographes désignent ce phénomène « l’heure magique »; c’est la raison pour laquelle ils visiteront un monument donné à différents moments de la journée pour capturer le caractère mouvant de la lumière qui, à son tour, émeut le visiteur de maintes façons. Le temple romain (Templo Romano) d’Èvora, à la fois modeste et remarquable, est l’un de ces monuments.
 
Construit au début du 2e ou 3e siècle apr. J.-C., le temple romain trône dans le centre historique d’Évora. Véritable reine de granit, les 14 colonnes corinthiennes magnifiquement préservées de ce temple, coiffées du merveilleux marbre provenant de la ville voisine d’Estremoz, défient la gravité. Cette imposante colonnade, qui a survécu près de 20 siècles, n’est pas près de s’écrouler. La vue des différentes lumières du jour filtrer à travers les colonnes sous des angles changeants vous touchera personnellement de façon mystérieuse; cette vision devrait commencer et clore parfaitement une journée à Èvora.
 
La ville médiévale d’Èvora, avec son centre historique (centro histórico) reconnu par l’UNESCO, est l’une des villes les mieux préservées du Portugal. C’est une ville universitaire animée, à la fois tournée vers le passé et vers l’avenir, juchée sur une colline juste au-dessus de la plaine de l’Alentejo. Les monuments néolithiques et les cathédrales du Moyen Âge, les cloîtres (et même les memento mori inscrits sur les monuments, formule du christianisme médiéval signifiant « souviens-toi que tu vas mourir ») agrémentent le paysage urbain et ses environs. Les vineries rustiques et les tascas (les bistrots version portugaise) servent de copieuses spécialités de l’Alentejo arrosées des cépages rouges de la région, comme le Borba, l’Évora, le Redondo et le Reguengos. La liste des attraits d’Évora à ne pas manquer (et des endroits où manger!) peut être longue. Pour faire court, voici la liste des incontournables. 
 

Les attractions d’Évora à ne pas manquer


L’un des sites les plus intrigants d’Évora est aussi de loin le plus macabre. La simple vue de la Capela dos Ossos (la Chapelle des os) peut donner la chair de poule et les frissons. Dans une pièce exiguë, les os et les crânes de quelque 5000 personnes sont incrustés dans les murs et sur les colonnes. Construite au 17e siècle par nécessité par des moines franciscains pour remédier aux cimetières surpeuplés, l’inscription à l’entrée frappe par son étrangeté effrayante : « Nous, les os, qui gisons en ce lieu, attendons les vôtres. » Malgré le caractère macabre de cette chapelle, il faut reconnaître que la scène, saisissante certes, mérite d’être vue. C’est vers 1186 qu’ont été posées les fondations de la cathédrale d’Évora, Sé d’Évora, aux allures de forteresse. De superbes tours couronnées de flèches coniques ont été ajoutées au 14e siècle ainsi que des cloîtres gothiques. Un toit datant du 16e siècle est accessible aux visiteurs. Les ajouts aux fils des siècles expliquent le mélange de styles architecturaux, allant du roman au gothique. D’un reliquaire tournant incrusté d’émeraudes et de diamants aux vases Ming et aux textiles indo-perses, l’ensemble du monument se révèle une merveille architecturale et un trésor ecclésiastique. Rivalisant avec la cathédrale, l’église de São Francisco (Igreja de São Francisco), construite en 1510, est un fleuron du gothique portugais. Les motifs manuélins célèbrent l’Ère des grandes découvertes au Portugal. Le temple romain (Templo Romano) n’est pas non plus le seul symbole de la présence romaine dans la ville; à proximité, des bains romains, connus sous l’appellation Termas Romano, ont été découverts dans la salle d’entrée de la mairie en 1987. Ces bains comprennent une piscine circulaire de 9 m de diamètre qui est magnifiquement bien conservée.
 

Où manger et boire

S’il y a une chose à goûter à Évora, c’est bien le porco preto (le porc ibérique à la robe noire). Cette race de porc, élevée en liberté, se nourrit, entre autres, des glands des chênes-lièges, omniprésents dans la région. Et l’un endroit tout désigné pour le faire est à la Taberna Típica Quarta-Feira (taverne typique du mercredi). Là, le porc noir est cuisiné pendant des heures dans son jus et servi à volonté avec des fromages typiques locaux, des petiscos (des hors-d’œuvre) et des plats d’accompagnement. On y retrouve la tradition gastronomique d’Évora.
Arrêtez-vous dans une taverne familiale pour vous régaler. Le Botequim de Mouraria, dans le quartier mauresque, compte seulement neuf places au comptoir. Ce restaurant insolite, sans tables, ne prend aucune réservation. Les mets, issus du terroir d’Alentejo, sont concoctés par le chef Domingos Canelas et son épouse, Florbela. Comptant près de 80 ans de savoir-faire gastronomique, le Fialho est l’une des meilleures tables de la région. Ce restaurant familial de troisième génération se démarque par son cachet historique et sa cuisine primée. Les prix témoignent de l’excellence de la cuisine. Les fines fourchettes peuvent y déguster la feijoada, un ragoût de haricots et de porc, des asperges sauvages servies avec des œufs, de l’agneau rôti ou du filet de porc accompagné d’une purée de pommes et du riz au lapin. Pour qui a la dent sucrée, il faut goûter l’encharcada du couvent de Santa Clara (autrefois un monastère). Créé dans un couvent comme la plupart des desserts portugais, l’encharcada est un dessert typique d’Alentejo confectionné avec des œufs, de la cannelle et du sucre caramélisé. Rien de tel pour terminer en beauté un repas. Situé dans un ancien réfectoire jésuite datant du 16e siècle du centre historique d’Évora, l’Enoteca Cartuxa est un bar à vin sophistiqué, l’un des meilleurs établissements vinicoles de l’Alentejo. Ne manquez pas d’y déguster le vin rouge Pêra-Manca.
 

Où séjourner?


Albergo do Calvario est un hôtel charmant qui bénéficie d’un emplacement idéal, car il est situé sur Travessa dos Lagares, près de Porta Lagoa et de l’aqueduc Agua de Prata. L’esthétique, rétro et moderne à la fois, alliée à une hospitalité raffinée et des touches de bon goût promettent un séjour mémorable. Le Noble House, le plus ancien hôtel de la ville, a été construit par l’architecte Fernando Coelho qui a conservé un mur romain, le magnifique carrelage et les plafonds voûtés, transformant ainsi ce bâtiment du 14e siècle en un bel hôtel-boutique de 24 chambres. Pour jouir d’un peu plus d’espace et de commodités, pourquoi ne pas se loger au Convento do Espinheiro, situé dans un ancien couvent du 18e siècle de huit hectares à environ 5 km de la ville?

*Kevin Raub est un journaliste spécialisé en voyage et en divertissement. Vivant en Italie, il a grandi à Atlanta et commencé sa carrière dans le divertissement à New York en travaillant pour les magazines Men’s Journal et Rolling Stone.


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